L’exposition, consacrée à la deuxième partie de la carrière de l’artiste, met en lumière son renouvellement artistique et révèle chaque étape de création de son oeuvre à partir de l’année 1948 jusqu’à son décès, en 1985.
130 oeuvres (peintures, dessins, lavis, gouaches, collages, sculptures, céramiques) témoignent de l’exploration du noir et blanc vers une maîtrise revisitée de couleurs particulièrement lumineuses, intenses et profondes.

UN CHEMINEMENT SINGULIER VERS LA COULEUR

Célébré maître de la couleur par les artistes et les critiques de son temps, Marc Chagall instaure dans son oeuvre un dialogue incessant entre la couleur et le noir et blanc. Cette démarche est peu connue et pourtant décisive pour le renouvellement de son art, au tournant des années 1950.

Ce dialogue commence dans les oeuvres des années 1920 et 1930. La maîtrise de la couleur, déjà affirmée chez le jeune artiste, anticipe et nourrit la conception de dessins et de gravures en noir et blanc. Dans l’après-guerre, la couleur noire, puissance sourde et vertigineuse, devient le catalyseur de souvenirs sombres mais aussi des aspirations d’une Europe en reconstruction. Toujours à l’écoute de son temps, Chagall inverse alors son processus de création et commence un cheminement audacieux, qui, de l’exploration des subtilités lumineuses et formelles du noir et blanc, le conduira à l’épanouissement des tonalités chromatiques d’autant plus vives et intenses. Par ailleurs, l’expérience d’un espace pictural monumental, faite aux États-Unis grâce aux commandes de décors et costumes pour le ballet, éveille un nouvel intérêt pour la couleur, appréhendée en tant qu’élément de construction de volumes et d’espaces.

UN ÉVENTAIL DE TECHNIQUES EXPLORÉES

Cette exposition invite le visiteur au coeur de ce processus fascinant qui se déploie dans la grande diversité des techniques que l’artiste expérimente simultanément, après son retour de l’exil américain, en 1947 : lavis, gouache, gravure, peinture, mais aussi sculptures en marbre, en plâtre, en bronze et objets en céramique.
L’exposition bénéficie des prêts exceptionnels de L’arlequin de la Taisei Corporation à Tokyo et des Amoureux au poteau de la collection Odermatt et présente des oeuvres très rarement exposées en Europe, issues de collections privées.
Certains collages de l’exposition, tous sortis de l’atelier de l’artiste après son décès, n’ont encore jamais été exposés, tels que les Esquisse pour Le concert, Esquisse pour Le clown rouge devant St-Paul et Esquisse pour Personnages de l’Opéra.
Pour la première fois, les grandes huiles des années 1968-1971 (L’arlequin, Le nu mauve et Le village fantastique) sont présentées avec leurs esquisses et collages préparatoires.

Autant de facettes d’une oeuvre totale, où la compréhension des contrastes, des tonalités, du clair-obscur, des lumières, des ombres et des demi-teintes donne vie à des couleurs audacieuses, éclatantes et monumentales.

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